vendredi 28 avril 2017

La syphilis dans la littérature et la culture victorienne

Syphilis in Victorian Literature and Culture: Medicine, Knowledge and the Spectacle of Victorian Invisibility

Monika Pietrzak-Franger
Series: Palgrave Studies in Literature, Science and Medicine
Hardcover: 338 pages
Publisher: Palgrave Macmillan; 1st ed. 2017 edition (April 23, 2017)
Language: English
ISBN-13: 978-3319495347


This book addresses the evident but unexplored intertwining of visibility and invisibility in the discourses around syphilis. A rethinking of the disease with reference to its ambiguous status, and the ways of seeing that it generated, helps reconsider the network of socio-cultural and political interrelations which were negotiated through syphilis, thereby also raising larger questions about its function in the construction of individual, national and imperial identities. This book is the first large-scale interdisciplinary study of syphilis in late Victorian Britain whose significance lies in its unprecedented attention to the multimedia and multi-discursive evocations of syphilis. An examination of the heterogeneous sources that it offers, many of which have up to this point escaped critical attention, makes it possible to reveal the complex and poly-ideological reasons for the activation of syphilis imagery and its symbolic function in late Victorian culture.

L'oeil du XIXe siècle

L’Œil du XIXe siècle

Appel à communications

VIIIe Congrès international de la Société des Études romantiques et dix-neuviémistes,

Paris, Fondation Singer-Polignac, 26-29 mars 2018


L’œil désigne un organe, mais aussi, par métonymie, une action (le regard) et une production (la vision). C’est donc, au sens plus large, sur la manière propre qu’a eue le XIXe siècle d’investir le champ du visuel, d’en remodeler l’action et les formes à sa mesure, que portera le VIIIe Congrès de la SERD. Il s’agira d’inviter les participants à définir les caractériques d’un autre period eye que celui dont traitait Michael Baxandall lorsqu’il se demandait quelles étaient les « dispositions visuelles vernaculaires qui relient les tableaux [du XVe siècle italien] à la vie sociale, religieuse et commerciale » (Painting and Experience in Fifteenth-Century Italy: A Primer in the Social History of Pictorial Style ; traduction française : L’Œil du Quattrocento, 1985).

Siècle de progrès techniques en matière d’optique, d’instruments de vision, de physiologie de la vue et de médecine ophtalmologique, le XIXe siècle est aussi, de manière plus générale, le « siècle du regard » (Ph. Hamon), le « siècle de l’observateur » (J. Crary), le siècle du « panoptique » (M. Foucault). Le privilège du visuel s’y manifeste, de manière elle-même spectaculaire, par des inventions et pratiques culturelles en série ayant trait à la vision. C’est le siècle des –scopes : kaléidoscope (Brewster, 1817), phénakistiscope (Plateau, 1832), stéréoscope (Wheatstone, 1838), ophtalmoscope (Helmholtz, 1851), télestéréoscope, bioscope ou stério-fantascope, pseudoscope, etc. C’est le siècle des –ramas (panorama, diorama, cosmorama, néorama, etc.). C’est aussi le siècle des perfectionnements des instruments d’optique, du microscope et du télescope, des lorgnettes et des longues vues. Soit donc le siècle de la médiatisation du regard au travers d’instruments de plus en plus perfectionnés, qui, censés en accroître la portée ou l’acuité, en transforment de fond en comble les conditions. Ce qui se produit selon des moments de rupture, tant épistémologiques qu’optiques, qui scandent l’histoire des modèles visuels, qu’on situe tantôt dès le début du siècle (J. Crary), tantôt en son mitan, avec l'invention de la photographie (1839) et la révolution picturale des années 1860, tandis que d’autres analystes insistent sur les révolutions qu’apportent en la matière la fin du siècle et le siècle suivant (Martin Jay, Downcast Eye. The Denigration of Vision in XXth-Century French Thought, 1993).

Ces nouvelles focales influent sur la perception mais aussi sur les modalités d’ensemble de la vie sociale. C’est ce que le suggère le vicomte de Launay lorsqu’il écrit : « La réalité parisienne est toute dans l'aspect. Nous avons des yeux de Diorama, de Panorama, de Néorama ; les effets d'optique suffisent à la légèreté de nos regards » (1837). C’est aussi le siècle où, dans les arts plastiques, la question du point de vue s’impose avec acuité, d’autant que l’invention de la photographie vient confirmer le primat du visuel et invite à un nouveau dialogue entre les arts de la vue, littérature comprise. C’est le siècle où, à propos de Courbet, Ingres s’exclame : « C’est un œil », l’accusant ainsi de n’être pas un artiste complet, mais seulement un peintre virtuose. En revanche, c’est aussi le siècle où Flaubert remarque que « pour qu’une chose devienne intéressante, il suffit de la regarder longtemps », et se donne pour mot d’ordre : « Fais-toi prunelle ! » (1845), valorisant ainsi une telle réduction au visible. C’est le siècle où en littérature, sous l’influence des arts visuels, les descriptions montent en puissance. C’est ce que remarquent les frères Goncourt : si elles manquent chez Saint-Simon, c’est que « les yeux n’étaient pas nés » (1862). Dans les arts de la scène la part du spectaculaire s’accroît. Mais on assiste alors aussi à une véritable « spectacularisation » de la vie sociale, à tous les niveaux : affiches, magasins, musées, expositions, passages, « fantasmagorisation de la marchandise » (Marx). Et Balzac d’énumérer tout le premier l’ensemble des prodigalités visuelles que « ‘lampe » l’« œil du Parisien » : feux d'artifice, palais en verres multicolores, féeries des théâtres, panoramas renaissants, continuelles expositions, caricatures, vignettes, lithographies, sans oublier le gaz qui illumine les boulevards et les « points de vue » que ménage la municipalité.

Les rubriques ci-dessous tentent d’ordonner les principaux domaines entre lesquels se distribue la problématique d’ensemble. Autant de champs complémentaires entre eux, autant d’espaces problématiques par rapport auxquels les propositions de communication gagneront à se situer.

Un intérêt particulier sera accordé aux propositions qui éviteront les monographies en déployant une perspective transversale ou qui manifesteront une approche interdisciplinaire (histoire, littérature, philosophie, histoire de l’art, histoire des sciences, histoire des techniques, etc.).

Les propositions de communications (d’environ 2 000 signes), accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique, sont à adresser à Erika Wicky (erika.wicky@gmail.com) avant le 5 septembre 2017.



I. L’œil physique : optique et physiologie

Que savait-on, au XIXe siècle, de l’organe de la vue, des mécanismes de la vision, de ses processus physiologiques, des soins à lui apporter ?

L’œil comme organe (physiologie et optique)

Rétine, prunelle, pupille, paupières, globe oculaire, nerf optique, orbite, etc.

Opticiens, ophtalmologues et théoriciens de la vision.

La médecine de l’œil, le fond de l’œil.


L’œil comme instrument de la vision

L’œil en situation, les conditions concrètes du regard : éclairages, points de vue...

L’œil, la lumière, les couleurs.

Les échelles de la vision. Les instruments pour voir petit, grand, loin, proche



L’œil appareillé

Comment au cours du siècle a-t-on cherché à dépasser les limites de la vision à l’œil nu, à en élargir les capacités, en modifier les paramètres ?

Instruments et appareils de vision, leurs changements, leurs progrès, leurs représensations : lunettes, lorgnons, prothèses, miroirs, prismes, dispositifs spéculaires...

L’œil artificiel.



II. Phénoménologie du regard

La vision comme expérience. Phénoménologie de la perception (Merleau-Ponty).

Qui regarde ? Le personnel du regard, le regard fait homme

Observateurs, spectateurs, voyants et visionnaires, « spécialistes » (Balzac), etc.

Professionnels du regard institutionnel : le savant, l’espion, le policier, le voyeur (au sens ancien du mot).

Regards savants, regards pédagogiques.

Regards mobiles : l’œil du voyageur, l’œil du touriste, l’œil du flâneur.

Regards esthétiques : l’œil du peintre, l’œil du poète, l’œil du photographe.

La place du spectateur : son point de vue, ses centres d’intérêt, ses émotions.

Comment on regarde ? Types de regard

Regard, observation, contemplation, coup d’œil, clin d’œil, œillade, lorgnade, etc.

Qu’est-ce que l’on regarde ?

Objets, phénomènes, spectacles électifs sur lesquels le regard se porte. Et, à l’inverse, choses cachées et pourquoi ?

De multiples spectacles ont été pour quelques-uns inventés, et pour de nombreux autres considérablement développés au cours du siècle ; qu’ils aient occupé l’espace public ou soient restés strictement privés, que nous disent-ils des sollicitations de l’œil au XIXe siècle ?

D’où l’on regarde ?

Paris vu de la tour Saint-Jacques (Vigny, « Élevation »), des tours de Notre-Dame (Hugo, « Paris à vol d’oiseau »), du Père-Lachaise (Rastignac) ou de la Tour Eiffel.

Paris vu de l’omnibus, vu du train de ceinture (Goncourt).

Le regard en architecture et en urbanisme : tours, belvédères, miradors, fenêtres, percements, jours de souffrance, perspectives, balcons et théories de la fenêtre et de la « belle vue ».

Premiers regards aériens. Vu de la mongolfière ou de l’aéroscaphe.

Investissements métaphoriques des modes de vision : voir de haut (logiques du survol), voir au travers (passer derrière les apparences), scruter le réel à la loupe, regarder le monde de Sirius, etc.

Scènes de regard

« Leurs yeux se rencontrèrent » (cf. Rousset) — le jeu des regards, des éblouissements, des fascinations, des aveuglements, dans le roman, en peinture et en photographie.



III. Axiologies du regard

L’œil pensé, regardé, décrypté, comparé, évalué.
Axiologies philosophiques

« L'œil appartient à l'âme plus qu'aucun autre organe » (Buffon).

Le privilège de « l’œil intellectuel », ses mises en cause au profit des autres sens.

L’œil et la conscience (Hugo, « La Conscience »).

L’œil décrypté, la physiognomonie

Quand l’âme et le cœur se peignent dans les yeux.

Le langage, l’éloquence des yeux. Ce que les yeux disent, ce que les yeux trahissent.
L’œil comparé : la vue et le sensorium

Vertus des différents sens : quelle place était-elle donnée à l’oeil au sein du sensorium, quelles relations (séparation, fusion, correspondances, rivalité) avec les autres sens était-il susceptible d’entretenir?

Vertus esthétiques comparées des différents sens et des métaphores sensorielles (avoir l’œil, avoir du goût, avoir du flair) : paragones modernes.

Synesthésies : quand l’œil écoute, quand l’œil parle, quand l’oreille voit.

Valorisations ou dévalorisations de la vue ; « excellence de l’œil » ou « denigration of vision »

Le « plaisir des yeux »

Plaisirs scopiques : l’érotisation du regard, exhibitionnisme et voyeurisme, « éréthisme visuel ».

Les yeux et le langage amoureux.

Le regard et ses normes

Ses limites et ses interdits.

L’objectivité du regard (ou de la vue), le témoin oculaire.

Morales du regard : la pudeur, la censure des images, etc. Interdits liés à la morale sexuelle : « c'est par les yeux que l'on commence à avaler le poison de l'amour sensuel » (Bossuet).

Le regard selon les manuels (de savoir-vivre, des confesseurs...).

Le regard selon les différents « genres » : l’« œil d’une femme ».

Le « mauvais œil »

L’œil maléfique. Superstitions liées au regard (jettatura, mauvais œil, « œil du diable », etc.).



IV. Politiques du regard

Voir, pouvoir, savoir.

Voir/Pouvoir

L’œil du Seigneur, l’œil du souverain, l’œil du maître, l’œil du chef.

« La visibilité, condition requise dans le souverain ».

Formes et action de la surveillance (politique, religieuse, économique, scoclaire, etc.), panoptique (Bentham), anthropométrie...

« Notre société n'est pas celle du spectacle, mais de la surveillance. Nous ne sommes ni sur les gradins ni sur la scène, mais dans la machine panoptique » (M. Foucault).

Surveiller et punir : la prison, l’école, l’armée.

Regards institutionnels : « l’œil de l’Église », l’œil de la police, l’œil de la justice, « ‘l’œil de la presse ». L’œil comme “emblème de la police” (Une ténébreuse affaire).

Technologies de la surveillance.

L’espion et l’espionnage.

Guetteurs, vigies, surveillants, inspecteurs, argousins, « voyeurs ».

Le mythe d’Argus.

Naissance et développement du roman policier et du roman d’espionnage.

Voir/Savoir

« Ma seule ambition a été de voir. Voir, n'est-ce pas savoir ? » (l’antiquaire de La Peau de chagrin).

La connaissance comme vision/la vision suffit à la connaissance.

Regard et expertise : sémiologie médicale, connoisseurship...

Architecture et techniques scienfiques de la vision : l’Observatoire.

Voir, savoir, pouvoir : expéditions, explorations et sciences coloniales.

Voir les astres (« les mondes vus de loin », Flammarion), voir « sous les mers » (Folin, Verne).

Voir le passé, voir l’histoire.


V. Un monde pour l’œil

Le monde tout entier destiné à la vision, taillé pour l’œil, mais aussi mis en spectacle.

Le siècle du regard

Le siècle du regard, de l’observation, de la description : historiographies.

Réduction au visible vs pluralisation des spectacles

La réduction positiviste : s’en tenir à ce que l’on voit.

La réduction moderniste : « C’est un œil, mais quel œil ! » vs la spectacularisation.

L’œil moderne, l’œil urbain, « l’œil du Parisien » (Balzac), entre réduction au visible et spectacularisation du monde.


« Tirer l’œil » : la société du spectacle et de la consommation

Le devenir publicitaire du paysage urbain : passages, vitrines, affiches…

Les ressources visuelles de la réclame. Des enseignes à la publicité.

« À l’étalage, à la devanture » : les spectacles de la marchandise.

Passants et flâneurs. « Flâner est une science, c’est la gastronomie de l’œil » (Balzac).

« Ce qu'on voit dans les rues de Paris » (Victor Fournel).

Le spectacle du monde

Tourisme, pittoresque et « belle vue ».

Le monde illustré.

Tourisme et photographie.

Les machines à voir

Les divertissements de l’œil : lanternes magiques, panoramas, dioramas, géoramas, chambres noires, kaléidoscopes, ombres chinoises, cinématographe, etc.

La mise en spectacle

Multiplication des spectacles, montée en puissance des arts du spectacle. L’art de la mise en scène, les « émotions visuelles du spectateur ».

Fastes, fêtes et défilés.

Mise en spectacle de la vie culturelle : expositions, musées.

La promotion esthétique du regard

Peindre la vie moderne, sa vivacité, sa vélocité, sa « rapidité kaléidoscopique ». « L’œil de M. G. » (Baudelaire).

Zola sur Manet : « Toute la personnalité de l’artiste consiste dans la manière dont son œil est organisé. »

L’influence du modèle photographique sur la vie sociale. Les arts saisis par la photographie

Fonction de médiation impartie aux arts visuels dans la perception « réaliste » du monde.

Montée en puissance et autonomisation du descriptif

Portrait de l’écrivain en « chercheur de tableaux » (Balzac).

Formes de l’« effet de visuel ».

Les excès du visuel

« Portraituromanie » (V. Fournel), « Panoramania », etc.



VI. L’œil intermédial

Médiations et médiatisations du regard. Supports et genres.

Imageries, illustrations

La montée en puissance de la « littérature illustrée » et les débats à son propos.

Les revues consacrées à « l’imagerie », les magasins pittoresques : le monde en images.

Images exotiques, populaires, etc.

Images nouvelles et images anciennes.

La littérature de vulgarisation scientifique.

Livres et guides de voyage.

L’illustration dans les livres de classe.

Images au quotidien et économies de l’attention : stratégies narratives de l’image à diffusion de masse et physiologies du regard

(Proposition Ségolène Le Men et Michael Zimmermann).

Sciences et pédagogies du regard

Objets scientifiques : cartes géographiques, images scientifiques...

Les pédagogies par l’image et les supports visuels de l’apprentissage.

Les « merveilles de la science ».

L’optique et l’astronomie racontées aux enfants.

« Catéchismes en images » et « enseignement par les yeux ».

Focales de la « littérature panoramique » (W. Benjamin)

« Panoramas », « kaléidoscopes », « prismes »…

L’optique dans les arts

Helmholtz, Optisches über Malerei (1876), traduction française la même année dans La Revue scientifique de la France et de l'étranger.

« Le théâtre est une optique », « l’optique de la scène ».

« Le vers est la forme optique de la pensée » (Hugo).

Dialogues entre les arts visuels

Poésie et peinture.

Peinture et photographie.

Peinture et théâtre, « tableaux vivants ».


L’œil en langue
Les mots pour le dire (en français et dans les autres langues) : comment la langue parle-t-elle l’œil ?

Les synonymes : œillade/coup d’œil, etc.

Les multiples expressions du type : « avoir l’œil », « guigner de l’œil », « vendre à l’œil » (d’abord « vendre à crédit »), « taper l’œil », « taper de l’œil », etc.

Déclinaisons nationales : « avoir l’œil américain », « l’œil indien », etc.

Déclinaisons animales : œil-de-lynx, œil-de-faucon, œil-de-perdrix, etc.

Le lexique de la vision. Ses formes populaires : « zyeuter », « mirettes », etc.

Le visuel dans les « langues » artificielles (sténographie).

Les métaphores de l’œil et du regard.



VII. Frontières du visible

En-deça et au-delà du visible. Obstacles et dépassements. Ne pas voir vs voir au-delà. Du visible à l’invisible.

L’œil empêché : obstacles et restrictions de la vision

La nuit et l’ombre.

Interdits et censure.

Les aveugles, les borgnes, les myopes : être, naître, devenir, vivre aveugle. Ce que les Disability studies nous disent du XIXe siècle.

Les mythes de l’aveuglement : Méduse, Œdipe (cf. M. Milner).

Les mythes de l’interdit de voir : Diane et Actéon, Psyché, Narcisse, Orphée, Mélusine…

Puissances du regard et interdits de voir

Voyants et visionnaires. La seconde vue.

Le magnétisme du regard.

Quelles forces et pouvoirs se sont-elles opposées à l’extension ou à la liberté de la vision ?

Ne pas voir, ne pas faire voir

La dialectique montrer/voiler. Le mythe d’Isis.

Voir sans être vu.  

Le regard illusionné

Erreurs et incertitudes du regard.

Illusions d’optique et trompe-l’œil.

La perspective comme illusion.

L’œil stupéfié ou affolé

Drogues et regard. Le regard ivre.

Visions pathologiques, hallucinations.

La « folie de l’œil » (Coriolis), la « félûre de l’œil » (Claude Lantier).

Les nouvelles sciences psychologiques et les troubles du regard : hypnose, images mentales, images qu’on voit en rêve, hallucinations.

Monstres, fantômes, spectres et autres frayeurs visuelles

Si le XIXe siècle est matérialiste, il est aussi hanté par les monstres et les créatures effrayantes venant remettre en question les pouvoirs de la raison : quelle part l’œil a-t-il jouée dans le développement du surnaturel ?

Le fantastique visuel : l’œil sans paupières, etc.

Voir plus loin, voir au travers, voir au-delà, voir le futur, voir l’outre tombe

À quels appareils, à quelles substances a-t-on eu recours pour voir plus loin, plus petit ou plus beau, à l’instar du poète réclamant des « vitres de paradis » (Baudelaire, « Le Mauvais vitrier ») ?

Le visible, l’invisible et l’extra-visible

« Le visible, comme l‘invisible, est pris dans un sens absolu; mais il n’en est pas de même de l‘extra-visible, qui signifie simplement « invisible à nos yeux actuels », Félix Cantagrel.

· Voir l’invisible

Les Merveilles du monde invisible, 1867.

Le Microscope, coup d'œil discret sur le monde invisible, 1873.

Georges Vitoux, Les Rayons X et la photographie de l'invisible, 1896.

L. Aubert, La Photographie de l'invisible – les rayons X, 1898.

· Sur la frontière du Visible et de l'Invisible

« Ils se savaient près de lui, sans pouvoir s'expliquer par quels moyens ils étaient assis comme en rêve sur la frontière du Visible et de l'Invisible, ni comment ils ne voyaient plus le Visible, et comment ils apercevaient l'Invisible », Balzac, Séraphita, 1836

· L’art : peindre l’invisible par le visible (Quinet, « Du génie de l’art », 1839).

« L'allégorie, l'art qui exprime l'invisible par le visible », Le Magasin pittoresque, 1842.




Conseil scientifique

Frédérique Desbuissons, MCF d’Histoire de l’art, Reims
Brigitte Diaz, Professeur de littérature française, Caen
Jose-Luis Diaz, Professeur émérite de littérature française, Paris-Diderot
Françoise Gaillard, MCF émérite de littérature française Paris-Diderot
Marie-Ange Fougère, MCF de littérature française, Dijon
Emmanuel Fureix, MCF d’Histoire, Paris XII.
Philippe Hamon, Professeur émérite de littérature française, Paris III
Dominique Kalifa, Professeur d’Histoire, Paris I
Jean Lacoste, Philosophe
Ségolène Le Men, Professeur d’Histoire de l’art, Paris Ouest
Jacques Neefs, Professeur de littérature française à Johns Hopkins University
Philippe Ortel, Professeur de littérature française, Bordeaux III
Julien Schuh, MCF de littérature française, Paris-Ouest
Erika Wicky, Post-doc, FNRS / Université de Liège
Michael Z. Zimmermann, Professeur d’histoire de l’art à l'Université catholique d'Eichstätt

La médecine et les sens

Medicine and the Senses 

Call for papers

Symposium 

Location: University of Leeds

Date: 1st June 2017

Deadline: 1st May 2017

The Leeds Centre for Medical Humanities is organising a one-day interdisciplinary symposium to inspire debate on the role and significance of the senses within medicine. Abstracts are welcome from a wide range of disciplines. The value of the senses as an aid to diagnosis is demonstrated throughout the history of medicine. However, advances in digital technology and medical simulation have extended and modified the range of perceptions available to clinicians. This extension of the senses, beyond the merely physiological, invites a closer investigation of our understanding of the sensorium, and what it means to ‘sense’, for clinicians and patients. Proposals are invited for twenty-minute papers which address the theme of medicine and the senses. Papers may address, but are in no way limited to, the following topics and their relevance to the general scope of the symposium:
  • Medicine
  • Literature
  • Philosophy
  • Psychoanalysis
  • Anthropology
  • Aesthetics
  • Disgust
  • Sexuality
  • Technology
  • Artificial Intelligence
  • The Human and Posthuman

Abstracts of 200-300 words, with a brief biography of no more than 200 words, should be emailed to the conference organiser by 1 May 2017. Panel proposals are also welcome from research projects, and departmental research centres. Panel proposals should include a short paragraph naming the organiser of the panel and explaining its rationale as well as a 200-300 word abstract for each paper. Word format is preferred.

The symposium will take place at the University of Leeds on Thursday 01 June 2017. It is organised by Dr Crispian Neill. For further information, please go to the conference website.

jeudi 27 avril 2017

L'invention du handicap

No Right to Be Idle. The Invention of Disability, 1840s–1930s

Sarah F. Rose



The University of North Carolina Press
Published: April 2017
ISBN: 978-1-4696-3008-3


During the late nineteenth and early twentieth centuries, Americans with all sorts of disabilities came to be labeled as “unproductive citizens.” Before that, disabled people had contributed as they were able in homes, on farms, and in the wage labor market, reflecting the fact that Americans had long viewed productivity as a spectrum that varied by age, gender, and ability. But as Sarah F. Rose explains in No Right to Be Idle, a perfect storm of public policies, shifting family structures, and economic changes effectively barred workers with disabilities from mainstream workplaces and simultaneously cast disabled people as morally questionable dependents in need of permanent rehabilitation to achieve "self-care" and "self-support." 

By tracing the experiences of policymakers, employers, reformers, and disabled people caught up in this epochal transition, Rose masterfully integrates disability history and labor history. She shows how people with disabilities lost access to paid work and the status of “worker”--a shift that relegated them and their families to poverty and second-class economic and social citizenship. This has vast consequences for debates about disability, work, poverty, and welfare in the century to come.

Gérer la santé des femmes

Managing Women's Health

Call for papers


Submissions are invited for a series hosted by the REMEDIA blog on the theme of ‘Managing Women’s Health.’

Healthcare issues that primarily concern women have a long and fraught history of being grouped diagnostically and financially outside traditional structures of healthcare provision. Recently, the medical, financial and commercial management of women’s bodies has been debated with renewed vigor. The Remedia series on the history of ‘Managing Women’s Health’ seeks to illuminate current debates.

We intend this series to range widely, from inequalities of healthcare funding to the ways in which medical products are marketed to women. Pieces might consider gendered diagnoses, healthcare funding for women’s health, women’s health activism, the availability of contraception, aging and menopause, female stereotyped care roles, patient etiquette and the language used to describe women's bodies.

We welcome papers from colleagues working in history, history of medicine and science, anthropology, women and gender studies, and elsewhere in the humanities. There are no restrictions to particular geographical locations or historical time periods.

If you are interested in contributing to REMEDIA for this themed series or to showcase your research on another subject, please send an email to Lisa Haushofer and Kate Womersley at remedianetwork@gmail.com with a brief pitch of up to 200 words outlining your proposed topic no later than June 1st 2017.

For more information, see our guidelines for contributors.



Contact Info: Lisa Haushofer and Kate Womersley, Editors

Contact Email: remedianetwork@gmail.com

URL: https://remedianetwork.net/

Histoires genrées de la santé, du soin et du corps

Gender(ed) Histories of Health, Healing and the Body, 1250-1550

Call for papers

International Workshop, University of Cologne, 25th-26th January 2018
Organisers: Dr Ursula Gießmann (University of Cologne), Eva-Maria Cersovsky (University
of Cologne), a.r.t.e.s. Graduate School for the Humanities Cologne, in cooperation with the
Centre for Medieval Studies Cologne (ZEMAK)

Deadline: 31st May 2017. Proposals should be sent to ursula.giessmann@uni-koeln.de and
cersovse@uni-koeln.de
Gender played a constitutive role in interpreting and ordering the medieval world, organising social and power relations as well as shaping how medieval people thought about and experienced their surroundings. Medievalists interested in disease, health and medicine have incorporated gender into their historical analyses for some decades. Research on women’s healthcare has been especially innovative, not only reassessing the extent of male involvement in women’s health, but at the same time reappraising women’s health literacy, healing and caring practices, thereby redefining what constituted medieval medical work on the whole. With interpretative frameworks proposing a more body-centred view of medieval health and healing, scholars have also challenged Lacqueur’s notion of a “one-sex body” and focused more closely on the gendering of bodies in medical and gynaecological texts or the dead female body in anatomical dissection.
Approaches of cultural studies and increased efforts to combine a wider range of sources such as medical treatise and archival documents of practice, hagiography, charms or recipes, have opened up new perspectives and helped to examine well-known cases in new ways. Studies on infertility, explorations of gender-specific experiences of pain or the focus on palliative care and healing performed by religious women, represent some of the burgeoning areas of current research. Yet there still are numerous areas of the field which would benefit from additional and more comprehensive attention, for instance: How were distinct forms of healing and caring considered to be masculine or feminine in different texts and contexts and by different groups of people? What effects did gendered perceptions of healing have on male medical practitioners and how did they construct maleness themselves? How can theoretical approaches defining gender as an intersectional or relational category be fruitfully incorporated into the history of health and healing?
Additionally, there has been little comprehensive research thus far on continuities and differences across distinct cultures and religions. However, some regions of Europe, such as medieval Germany, are still comparatively under-researched in many respects, too. 
Animated by these recent lines of inquiry and potentials for further research, we invite paper proposals that explore the manifold relations between gender, health and healing in the late Middle Ages. The workshop seeks to bring together historians at all career stages currently working on any aspect of the field, providing a forum for international discussion. It aims at reflecting upon methodological and theoretical frameworks and at situating gender, health and healing at the nexus of medical, social, cultural, religious, economic as well as legal concerns. We particularly welcome papers that view gender within a matrix of other factors, examining the flexible and complex interrelations of different labels, identities and experiences. Papers attentive to unfamiliar readings of familiar sources, presenting new case-studies and to late medieval Germany are also especially welcome. We encourage speakers to introduce work in progress and focus on still-unresolved problems.

Possible topics include, but are by no means limited to:
− Gender, agents and practices of health and healing
− Gender and knowledge of health, healing and the body
− Gendered forms and representations of medicine, healing and caregiving
− Gender and experiencing the e.g. sick, disabled, disfigured, infertile or pregnant body
− Gender and healthy living, e.g. urban public health, diet and food
− Gender and material culture of health and healing, e.g. objects, art, architecture
− Gender, health, healing and religion
− Gender and changing medical ideas and landscapes, e.g. at times of epidemics, famines or
religious change

Please submit English-language proposals of approximately 500 words for a 25-minute paper
to Dr Ursula Gießmann (ursula.giessmann@uni-koeln.de) and Eva-Maria Cersovsky
(cersovse@uni-koeln.de) by 31st May 2017. The abstract should include the paper title as well
as your name, contact information and academic affiliation.

We hope to be able to provide funding for all travel and accommodation expenses.

mercredi 26 avril 2017

Histoire de la psychothérapie

Psychotherapy in Historical Perspective

History of the Human Sciences - Volume 30, Issue 2, April 2017

Guest Editor : Sarah Marks



Introduction

Psychotherapy in historical perspective
Sarah Marks


Articles 

The action of the imagination. Daniel Hack Tuke and late Victorian psycho-therapeutics
Sarah Chaney

‘Subordination, authority, psychotherapy’. Psychotherapy and politics in inter-war Vienna
David Freis

German émigré psychologists in Tel Aviv (1934–58). Max M. Stern and Margarete Braband-Isaac in conflict with Erich Neumann
Martin Liebscher

The science of therapeutic images. Francis Reitman, schizophrenia and postwar psychiatric art at the Maudsley and Netherne Hospitals
Connor Cummings


‘Cruel to be kind?’ Professionalization, politics and the image of the abstinent psychoanalyst, c. 1940–80
Ulrich Koch


‘The line between intervention and abuse’ – autism and applied behaviour analysis
Patrick Kirkham

Sexologie, psychanalyse et littérature

A history of the case study. Sexology, psychoanalysis, literature

Birgit Lang, Joy Damousi and Alison Lewis

Format: Hardcover
ISBN: 978-0-7190-9943-4
Pages: 248
Publisher: Manchester University Press
Published Date: March 2017


Starting with Central Europe and concluding with the United States of America, this volume tells the story of the case study genre as inseparable from the foundation of sexology and psychoanalysis, and integral to the history of European literature. It examines the nineteenth and twentieth century pioneers of the case study who sought answers to the mysteries of sexual identity and shaped the way we think about sexual modernity. These pioneers include members of professional elites (psychiatrists, psychoanalysts and jurists) and creative writers writing for newly emerging sexual publics.

Among the figures considered in this volume are prolific Austrian writer Leopold von Sacher-Masoch, the psychoanalytic master of case-writing Sigmund Freud and the influential New York psychoanalyst Viola Bernard, who all embraced the case study genre for its ability to convey new knowledge—and indeed a new paradigm for knowledge—in an authoritative manner. At the same time, these writers reinvented the genre’s parameters, reflecting constantly on its pertinence to definitions of the modern subject.

Where previous accounts of the case study have approached the history of the genre from a single disciplinary perspective, this book stands out for its interdisciplinary approach, well-suited to negotiating the ambivalent contexts of modernity. It focuses on key formative moments and locations in the genre’s past, those occasions when and where the conventions of the case study were contested as part of a more profound enquiry into the nature of the human subject.